Une question de bon sens

Si vous avez une pointe de bon sens, vous iriez là.
Parce que c'est bien plus que des mots.



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Une question de bon sens
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# Posté le mardi 20 mai 2008 13:49

Tumulte. 12/10

Tumulte. 12/10
Cris. Bon sang cris.

Mes paupières s'entrouvrent, lentement comme le souffle d'une bougie éteinte depuis toujours. En silence, battement de cils. Rien. Tu n'as pas bougé, ta respiration n'a pas changé et pourtant. Pourtant je sais que tu viens de te réveiller. A une époque, tu guettais le moindre de mes gestes, pour être là – en face de moi- quand j'ouvrirai mes yeux sur ce monde- en face de moi- ce que tu voulais finalement c'était que je te vois et que –en face de moi- ça soit toi mon monde. Mais aujourd'hui, j'ouvre les yeux et tu n'es plus là. Ou si. Tu es bien trop présent et tu me tournes le dos. Paradoxe du temps passé. Nos soupirs ne s'accordent plus sur la même portée et la clé, avalée, au beau milieu du ciel.

J'ai laissé longtemps ton odeur, courir sur mon corps.


Tes courbes se muent dans une immobilité infinie et mes yeux caressent cet espace, cette peau nue de cicatrices – no man's land - que tu ne me laisses plus approcher. Je me mords les lèvres, et ce goût de sang s'imprime dans ma bouche, confusion des sens. Parle moi. Je t'en pris, parle moi. Fais un geste, rien qu'un geste, tremble, frissonne sous mes souffles de souvenirs mais fais quelque chose je t'en pris. Mais le vide s'est creusé, de profondeurs en profondeurs, notre route s'est fissurée, nos souvenirs ne sont plus que poussière dans un coin du temps, l'espace n'a plus de lois. A quelques centimètres de toi, j'ai froid. Un geste, seulement, un geste.

Cris. Bon sang cris.


J'ai cherché le monde endormi, là où passent les heures.

Ici tout est fini. J'ai beau te regarder, ton regard me fuit. J'ai beau te parler, les mots résonnent, et l'écho me revient en pleine figure. A quoi bon, tu as raison, les mots font trop mal. Mais j'ai besoin d'eux pour me déchirer le c½ur une bonne fois pour toute, j'ai besoin de cet orage, pour imploser, j'ai besoin de ton regard pour m'oublier, pour oublier que le temps ne passe plus sans toi, que les mensonges s'enchaînent et que tu les peints avec une dextérité que je ne t'ai jamais connu. Ici tout est fini. Mais retiens moi. Retiens moi puisque je ne sais plus le faire.

Je t'oublie, je m'endors et je rêve de douceur.


Peu à peu mes yeux se vide à trop fixer ce dos, insensible naufragé d'un amour perdu, je ne connais plus que lui, et j'en oublie les constellations que j'y dessinais autrefois. Les étoiles se sont éteintes, la galaxie s'est évanouie et l'amour a rencontré un trou noir. Mes yeux se ferment. Je pourrais m'endormir, ici, maintenant et te laisser le choix de me réveiller ou de t'en aller. Mais fais le vite, tes yeux courrent plus vite que tes jambes, tu sais, et j'ai arrêté d'essayer de te rattraper, l'univers est bien trop vaste pour ça et tes yeux bien trop insondables.
A côté de moi, je te sens bouger, tu as sûrement du entendre mes paupières se clorent et profiter de ce moment où tu t'inventes la solitude qui t'es devenue si chère au fil des mois. Je tremble à te sentir si proche et si loin à la fois, de te savoir ailleurs qu'ici, avec moi. Tu sors de ta torpeur et d'un geste mécanique –habitudes désuètes- te retournes doucement, bouges ton bras et remontes la couverture sur mon corps- délaissé de tes envies, abandonné de tes mains, négligé de ton regard. Dépouille en perdition.

Tes mains, je me rappelle, tes mains me gèlent.

Un effleurement et c'est une horde de cicatrices qui se déchirent. Tes mains ne s'attardent plus et ce n'est même pas pour éviter cet incendie des sens, non, puisque tu l'ignores.C'est mon corps qui se fige au moindre contact, le sang qui se glace, le coeur qui bouillone. Un dangereux mélange dont je finirais par mourir bientôt. Des mains gelées dans une chaleur qui ne m'appartient plus. Et pourtant, ce matin, ces souvenirs, l'éclosion de cette nouvelle fleur dans le jardin qui embaume l'air, trop saturé de nos non-dits, me donnent l'impression d'un sursaut de vie. Comme si j'avais encore du pouvoir ici, comme si je pouvais encore toucher avec mes mots, mes gestes, t'atteindre, juste, ça, je ne sais plus comment faire. Tu y crois toi ? Retournes toi et dis moi que tu y crois puisque c'est à deux qu'on a commencé et réapprend moi les pas qu'on a emprunté.

Tu as avalé tes cris, tu respires l'espoir. Qu'est ce qu'il se passe ici ?


Je nourris notre effort et je rêve de couleurs.

J'aurai pu en crever un million de fois et tu vois, j'ai toujours fini par me décider d'en vivre. Alors vis avec moi. Aide moi à redessiner cette vie qui s'effrite sous nos mains frissonantes d'ignorance. Je veux retrouver les couleurs de tes yeux, cet espoir qu'on a oublié au fil des cieux. Ca semblait si facile, avant, avant qu'on s'oublie. Tu te rappelles de ces moments de silence qui voulaient tout dire ? Maintenant ils ne font plus qu'écorcher ces envies de toi et saoûler ces envies d'ailleurs. Mais il est toujours trop tôt pour un trop tard. Je veux juste te réapprendre à croire et nous survivre. Ca sera ce que ça sera tant que ça redevient à nous. J'ai retrouvé le courage dans le regard de ces noyés qui s'abandonnent, quand les apparences se défient de nous. Tu vois finalement, on s'est laissé coulé alors que la mer pouvait nous aider à flotter. Déchéance précoce quand les coeurs se meurent en incandescence. Mais regarde moi, prend ma main, tu vois, on est toujours là. Alors ne nous laisse pas, encore une fois.

Ma main dans la tienne. Et ça fait si longtemps, qu'j'entendrai presque ton coeur recommencer à tambourinner ma cadence. Tu crois vraiment?

Ecoute-moi, écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi.

C'est fini maintenant tu ne peux plus te cacher pour oublier ce qu'on a été. Il reste les cendres, inéluctables souvenirs d'amants dépassés. J'aimerais te chuchoter ces mots dans l'oreille, te crier que c'est maintenant ou jamais et que si jamais ça m'acheverait. Mais les mots suffisent-ils quand leur abscence s'est inscrite dans nos déceptions ? Ce qui est passé a fuit, ce que tu espères est absent, mais le présent est à toi alors oublis qu'ici les rêves s'élèvent et que même les anges y crèvent. Debout, les yeux enfin ouverts, je te redécouvre et espère, déjà asservie à cette flamme qui tente de renaître en toi. Tu as compris et tu te risques à m'attendre au carrefour de nos destins, puisque c'est maintenant. Approche toi, je veux redevenir le plaisir de tes soupirs, la croisée de tes espérances et le souffle de l'inconnu qui s'éfface. Serre moi, je veux retrouver les tourments de nos corps qui s'emmêlent, le désir de nos gestes et la pérennité de nos matins. Aime moi, je veux juste...

Réapprendre à t'aimer.


# Posté le vendredi 12 octobre 2007 14:42

Lettre à

Lettre à
Mon cher et tendre Julien, mon amour,

Il faut que je parte.

Tu me connais, j'ai toujours été franche et directe et tu sais que je n'ai jamais aimé me cacher derrière les mots. Pourtant je suis assise là, dans le coin de notre chambre à t'écrire sur ce petit chevalet que tu as repeind pour moi la semaine dernière, et, dans la glace, je n'ose plus regarder le reflet.

Julien il faut que je parte.

Tu avais cru qu'en m'épousant, tu pourrais me garder près de toi pour toujours. Tu savais que si je pouvais partir, je ne reviendrai pas. Et c'est vrai Julien, je ne reviendrai pas, pas cette fois-ci. Mais tu le savais mon amour, je t'avais prévenu. Dès nos premières étreintes, je t'ai enseigné la beauté de l'éphémère, dès mes premiers sourires, je me suis ouverte et tu as vu la place qu'elle prenait en moi, je n'ai jamais essayé de te le cacher et dans un inconditionnel remord, tu m'as aimé. Tu t'es laissé guider par cette chose, ce pouvoir qui me dominait entièrement et peu à peu tu as commencé à accepter que tu ne serais, finalement, jamais le seul dans ma vie. Et pourtant, Julien, Dieu seul sait, combien tu as essayé de l'être.
Au nom de notre amour, tu as essayé de me détruire. Ne le nie pas, je ne te connais que trop bien, mais je n'en t'ai jamais voulu, je savais qu'avec tes mains tu tentais juste de me reconstruire. J'au eu autrefois cette vaine aspiration moi aussi. J'ai essayé, je peux te le promettre, mais ce que tu n'as jamais compris et ce que tu ne pourras jamais comprendre, c'est que ça m'a marqué à vie. Dès mes premières heures, j'étais destinée, peux-tu comprendre ça ? Je suis destinée à y retourner Julien, et je te demande de ne pas m'en empêcher, ne me retiens pas, pas cette fois-ci.

Il faut que je parte.

Il nous reste plus que quelques minutes à passer ensemble à travers ce papier que tu te retiens de déchirer et à travers ces mots que j'aimerais que tu apprennes à aimer, mon amour. Je vais te raconter mon histoire, celle que tu as si souvent cherché sur mon corps et adulé dans mes baisers. Mon père et ma mère ne sont pas ces avocats de renoms que tu connais. D'ailleurs, moi-même j'ignore qui ils sont, si ce n'est Elle, et c'est une énigme que je ne chercherais pas à résoudre. Je suis née en mer, sur un cannot de survie, au beau milieu de l'océan, ma mère est morte pour me donner la vie. Je ne sais comment j'ai survécu pendant ces quelques jours dont,bien sûr, je ne me souviens de rien et j'ai toujours cru que c'était grâce à Elle. Mais tu vois, Elle, Elle n'oublie pas et Elle me réclame, Elle veut que je revienne.

C'est pour ça qu'il faut que je parte.

Le reste du début de ma vie n'est que formalité. Un bateau de pêcheurs m'aurait trouvé et ramené au port. C'est dans les bras d'un de ces marins que j'aurai poussé mon premier cri. Petite, j'allais souvent me pomener au port le dimanche quand il revenait pour lui demander de me raconter, toujours la même histoire, la mienne. Quand ils m'avaient recueillis sur cette petite barque, ils avaient tous été étonné de me voir en vie et surtout calme et seraine comme bercée par l'infatigable remous des vagues. Et chaque dimanche quand il me prenait dans ses bras, il ne pouvait s'empêcher de remercier le ciel de me voir encore en vie et en bonne santé. Il s'appelait Jay ce marin, il est mort l'année dernière comme une ultime réverrence, comme un ultime appel. Depuis ce jour, j'attendais moi aussi, le moment de m'en aller, d'une autre façon, mais surtout de la retrouver, Elle, l'amante de mes pensées.
Tu sais c'est Jay qui m'a baptisé, il disait que c'était une façon de rendre homage. Je suis restée 4 ans avec lui, avant que mon père, celui que tu connais, m'adopte grâce à de l'argent et un peu de pouvoir. Je ne lui en ai jamais voulu, Jay n'était pas fait pour rester à terre à s'occuper de moi, comme je ne suis pas faite pour vivre loin d'Elle. Elle m'appelle , tu sais. Toutes les nuits, dans mon sommeil, j'entend sa sérénade, les vagues s'écraser contre le rocher et le moindre grain de sable qui meurt sans la connaître.

Il faut que je parte.

Essaie de comprendre Julien, ne m'en veux pas, je t'en supplis. Tu sais que je n'ai jamais autant vécu, ni autant aimé que dans tes bras. Je sais que c'est grâce à toi si j'ai vécu plus longtemps mais nous n'avons fait que retarder l'apocalypse d'une révolution tant espérée. Il est temps de rassembler les pas des amants désunis, Julien. Il est temps pour moi de m'abandonner, d'être moi à part entière, à en oublier ces mains liées que tu tentais desespérement de garder avec les tiennes.

Il faut que je parte.

Le temps de nos baisers est révolu, mes promesses se sont éteintes à la lueur de cette bougie dont la flamme vacille toujours sous tes souffles d'espoir. Tu auras beau essayé d'oublier, à en oublier même mon existence et te bercer de ces illusions fantasques mais je sais que ces marques sur ton visage, cette déchirure qui, malgré moi, orne ton coeur, t'en empêchera. Souviens toi comme nous nous sommes aimés ces nuits là, souviens toi de cet amour perdu que tu cherchais en moi et ne m'oublis pas Julien.
N'oublis pas cette vie qui a tant de fois résonné d'inexactitudes à mes oreilles. N'oublis pas cet amour invariable, cet amour tendre et diabolique, cet amour vain et malheureux, cet amour passioné et éternel qui a tenté de me sauver. De nous sauver. Cet amour qu'il est à présent temps que je lui redonne. A Elle.
La mer. L'Océan mer.

Vis fort mon Julien et n'oublis jamais.



Océanne

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Cette lettre, Julien a laissé le vent l'emporté. Parce que finalement, il n'a pas compris que c'était une lettre d'amour.

# Posté le jeudi 12 juillet 2007 18:29

The kids of tomorrow don't need today

The kids of tomorrow don't need today
Si vous croisez cette fille, parlez lui.

De toutes les manières qui existent ou qui n'existent pas, racontez lui la vie.

Elle en fera des bulles et vous emmenera loin, dans un endroit dont vous soupçonniez même pas l'existence.

Riez avec elle, faites des vagues, aimez mais surtout vivez.

Avec elle.

Si vous croisez cette fille, n'oubliez pas. Et surtout.

Dites lui que je l'aime.

# Posté le mardi 10 juillet 2007 14:18

Modifié le mardi 10 juillet 2007 14:33

J-8

J-8
I guess it's time I run far, far away

# Posté le vendredi 08 juin 2007 07:49